Caire Morand, lapidaire

 


Antoine CAIRE-MORAND

Antoine Caire Morand est né le 27 juin 1747, à Briançon.

Fils du bijoutier Alexis Caire, maître orfèvre à Briançon et de Marguerite Morand, de la famille du célèbre architecte Morand, né à Briançon et mort à Lyon sur l'échafaud en 1794 pour avoir voulu défendre l'ouvrage dont il était le maître d'œuvre, le pont Morand, que l'armée républicaine voulait incendier.

Dès l'age de 6 ans, Antoine observe et se passionne pour les cristaux et les pierres dans l'atelier de son père.
Dans ses mémoires, il dit y admirer, déjà à cet age, "la réfringence et l'éclat" des pierres. 
Mais Antoine avait un frère qui, par tradition, prendrait la suite de son père. Antoine fut donc envoyé en pension pour apprendre les lettres et le latin. Mais il ne se passionnait pas du tout pour ces choses là. Privations et punitions finirent par le dégouter des études qu'il qualifiait de "barbarie vandalique"

Il fut alors envoyé en apprentissage à Turin, chez un lapidaire qui taillait des cristaux achetés à bas prix dans les montagnes environnantes.

Seulement, les techniques et procédés de travail sur ce type de matériaux étaient jalousement gardés, et pour percer le secret de ce travail il fallait "voler des yeux" pour apprendre quelque chose.

A 17 ans, il décida de se former par le voyage et par les rencontres et entreprit un grand voyage d'étude.
Il visita les ateliers d'Italie (Naples, Rome, Florence, Milan), de Suisse (Genève, Ferney où il rencontre Mr Voltaire dont il va graver le portrait), de France (Paris, où il rencontre de nombreux lapidaires, peintres et hommes de lettres), d'Angleterre, où il apprend à polir les verres de lunette et d'Espagne où il apprit la technique d'évidage des pierres.

Son voyage dura 15 ans, pendant lesquels il reçut de nombreuses propositions de travail. Mais lui ne gardait en tête qu'une seule chose: revenir à Briançon et y installer une taillerie qui permettrait d'apporter un peu plus de ressources aux Briançonnais.

On essaie de le convaincre d'ouvrir cette manufacture dans une grande ville, moins difficile d'accès et proposant un commerce de produits de luxe, mais rien n'y fait, il n'en démord pas, et après maintes propositions, explications et démarches administratives, son projet est finalement accepté.
En 1778, la Manufacture Royale de Cristal de Roche est créé.

L'aventure commença...mais la révolution Française mettra un terme à son projet et le ruina. 
Il finit sa vie en Italie, à Turin, et commença à écrire ses mémoires et toutes ses découvertes gemmologiques et lapidaires. C'est sa femme qui éditera, à titre posthume, cet ouvrage qui se nomme:
 "La science des pierres précieuses appliquée aux arts".